Un combat urgent pour notre école bilingue
Message de Samah Salaime, co-directrice des institutions éducatives du Village
Chers amis et sympathisants,
Je vous écris pour vous tenir informés d’une situation urgente à laquelle nous sommes confrontés à Wahat al-Salam–Neve Shalom.
À quelques jours seulement de la rentrée scolaire, le ministère de l’Éducation refuse toujours d’approuver l’ouverture d’une classe de CP dans notre école primaire bilingue et binationale.
Depuis 42 ans, notre école scolarise ensemble des enfants arabes et juifs. Elle constitue l’un des modèles les plus anciens et les plus importants d’éducation bilingue et binationale du pays — un lieu où les enfants ne se contentent pas d’apprendre la coexistence, mais la vivent au quotidien.
Nous ne pouvons accepter une décision administrative qui menace cette continuité éducative et, à terme, l’avenir d’une institution aussi unique.
Cette campagne a été lancée par le conseil d’administration nouvellement élu de l’Association pour l’éducation, qui en a fait sa première mission majeure. Je pense qu’il est important de saluer leur leadership immédiat et leur détermination à rassembler l’école, les parents, la communauté et l’Association autour d’un objectif clair : garantir l’ouverture de la classe de CP cette année et protéger l’avenir de notre école bilingue et binationale.
Depuis lors, nous avons mis en place une équipe de campagne et lancé une action intensive sur plusieurs fronts. Nous avons fait appel à des conseillers juridiques ainsi qu’à des professionnels des médias et des relations publiques, et nous agissons par le biais de canaux politiques, juridiques, publics et médiatiques.
Dans le cadre de cet effort collectif, j’ai également mobilisé mes propres relations de longue date avec des députés de la Knesset, des journalistes et des plateformes médiatiques afin d’attirer l’attention du public et des responsables politiques sur cette question et de rallier des soutiens à notre campagne.
Parallèlement, nous avons tout mis en œuvre pour proposer au ministère des solutions pratiques et flexibles. Nous avons proposé d’ouvrir une classe de CP indépendante plus petite, ainsi que de créer un cadre mixte arabo-juif regroupant plusieurs tranches d’âge et combinant le CP et le CE1. Nous avons même clairement indiqué que, si nécessaire, les coûts supplémentaires pourraient être pris en charge par l’Association pour l’éducation et le village plutôt que par le ministère de l’Éducation.
En d’autres termes, nous ne demandons pas simplement au ministère de faire une exception — nous proposons activement des solutions viables et sommes prêts à assumer la responsabilité financière pour les rendre possibles.
Jusqu’à présent, cependant, le ministère a rejeté les alternatives qui lui ont été présentées. Nous avons de plus en plus de mal à considérer cela comme une simple décision administrative ou financière. Alors que des solutions existent, que la communauté est prête à assumer la charge financière et que ce cadre éducatif fonctionne avec succès depuis plus de quatre décennies, ce refus persistant soulève inévitablement des questions plus larges.
Nous nous efforçons d’aborder cette question avec prudence et responsabilité, mais nous ne pouvons ignorer le contexte plus large dans lequel opèrent aujourd’hui les organisations promouvant une société partagée, le partenariat arabo-juif et l’éducation à la paix. Nous craignons que ce combat ne se limite pas au nombre d’enfants inscrits dans une classe de CP ; il touche à la place accordée aux institutions œuvrant pour une société partagée et l’éducation à la paix dans le climat politique actuel.
C’est précisément pour cette raison que nous estimons qu’il est si important de défendre l’école dès maintenant.
Les parents d’élèves de l’école — arabes et juifs ensemble — se sont également mobilisés. 101 parents et membres de la communauté scolaire ont signé une lettre urgente adressée au ministre de l’Éducation, l’appelant à intervenir immédiatement et à veiller à ce que la classe de CP puisse ouvrir cette année. La lettre indique clairement qu’une crise temporaire d’inscriptions ne doit pas être autorisée à rompre la continuité éducative d’une école qui construit depuis des décennies une éducation commune arabo-juive.
Nous avons désormais une dizaine de jours décisifs devant nous — dix jours de plaidoyer, de campagne publique, de pression politique et de détermination.
Derrière le jargon administratif et les chiffres se cachent des enfants et des familles.
Une jeune mère du village, dont le fils Matin, âgé de six ans, est né et a grandi ici et qui est impatient de commencer le CP, a écrit :
« Quand j’ai demandé ce que j’étais censée faire avec mon fils, on m’a répondu : “Va t’inscrire. Il y a plein d’écoles. »
Mais Matin n’est pas simplement un enfant à la recherche d’« une école ». Il est né au sein d’une communauté. Il a grandi ici, dans un lieu qui n’est pas seulement celui où nous vivons, mais un choix de mener une vie commune.
On dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Pour moi, ce n’est pas un slogan. C’est notre vie.
Matin a déjà sa place ici. Il est ancré dans une communauté, dans deux langues et dans un mode de vie. Je ne renoncerai pas à cela.
Nos enfants méritent une éducation bilingue et binationale. Chaque enfant de ce pays mérite d’avoir la possibilité de connaître ceux qui vivent à ses côtés, de parler leur langue, de les respecter et d’apprendre à vivre ensemble. »
Ses mots résument parfaitement l’enjeu.
Il ne s’agit pas simplement d’une lutte pour ouvrir une classe de CP.
C’est un combat pour savoir si, à une époque où nos sociétés sont de plus en plus divisées, les institutions qui ont passé des décennies à créer une réalité différente seront protégées et renforcées.
Wahat al-Salam–Neve Shalom a été fondée sur la conviction que les Arabes et les Juifs peuvent partager la responsabilité d’un avenir différent. Notre école est peut-être l’expression la plus claire de cette conviction : des enfants, des enseignants et des familles qui vivent au quotidien deux langues, deux cultures et un espace éducatif commun.
La lutte pour la classe de CP à Wahat al-Salam–Neve Shalom devrait donc nous concerner tous, nous qui croyons qu’un autre avenir est encore possible.
Au cours des dix prochains jours, nous ferons tout notre possible pour faire annuler cette décision.
Nous espérons que vous vous tiendrez à nos côtés, que vous suivrez la campagne, que vous partagerez notre message avec vos réseaux et que vous nous aiderez à protéger ce projet éducatif extraordinaire.
Avec toute notre sympathie,
Samah
Wahat al-Salam–Neve Shalom
(Lettre de Samah Salaime envoyée à toutes les organisations amies de NSWAS, traduite depuis l’original en anglais, à l’aide de la solution DeepL www.deepl.com)
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